°°°°°Un pont entre deux mondes: Chapitre 7°°°°°

°°°°°Un pont entre deux mondes: Chapitre 7°°°°°
Chapitre 7 : Affrontements


Un beau et chaud soleil brillait sur Central City. Au QG militaire de la ville, un homme de trente ans, avec des cheveux noirs coupés courts et des yeux couleur onyx, lisait le journal du matin assis à son bureau. Les titres parlaient de l'incroyable sauvetage du train d'East City par un homme et trois jeunes femmes. Une histoire assez étonnante d'ailleurs ; les témoins racontaient que des monstres avaient attaqué le train. L'un d'eux disait même avoir aperçu une sorte de dragon noir. Le colonel Mustang rit dans sa barbe. « Décidément, les gens inventaient n'importe quoi lorsqu'ils étaient pris de panique ! » Seulement, un détail l'intrigua dans cette sordide aventure ; l'homme qui les avait sauvé, serait un alchimiste d'état. Roy Mustang repassa en revue tous ceux qu'ils connaissaient et qui auraient pu accomplir un tel acte. Beaucoup étaient morts sous le bras vengeur du dénommé Scar. Alors qui cela pouvait-il être ? Ed aurait pu, mais il se trouvait à Central en compagnie de son frère et de ce nouvel alchimiste d'état, depuis un moment déjà. Le commandant Armstrong ? Impossible, il était en ce moment même au QG Sud. Non, finalement, Roy ne voyait pas qui était ce mystérieux personnage.
Le colonel interrompit ses pensées lorsqu'il vit ses subordonnés entrer dans la pièce et s'installer à leur place habituelle. Un grand gaillard blond aux yeux bleus avec la clope au bec, s'adressa à son supérieur.
« Hey, colonel Mustang, vous avez entendu parler de ce qui est arrivé eu train d'East City ? Demanda le blond appelé Jean Havoc.
_ Bien sûr, je m'informe moi ! répondit Roy en lui balançant le journal.
_ Je me demande quand même qui sont ces quatre personnes qui ont réussi à sauver un train entier. Dit un jeune militaire portant des lunettes au nom de Kain Fuery.
_ J'ai entendu dire qu'il y avait un alchimiste d'état. Ajouta le lieutenant Breda, un homme au ventre bedonnant. Vous pensez que cela pourrait être Edward Elric ?
_ Impossible, il est à Central depuis quelques jours déjà. Répondit le colonel. »
La porte s'ouvrit de nouveau pour laisser passer une femme aux longs cheveux blonds relevés sur sa nuque, suivie par un petit chien noir et blanc.
« J'étais sûre que je vous trouverais en train de parler de cet événement. Annonça Riza Hawkeye. Et si vous voulez tout savoir, je sais qui sont ces quatre sauveteurs inopinés.
_ Ah oui ? Alors, ne vous faîtes pas languir, annoncez les noms. La précipita Mustang.
_ Parmi les trois jeunes femmes, il y en avait une qui avait de longs cheveux châtains noués en natte et s'appelait Aerith Gainsborough. La seconde était une petite fille aux cheveux noirs tressés du nom de May Chang.
_ May Chang ? Ce nom est originaire de Xing il me semble. S'enquit l'adjudant chef Falman qui était une véritable encyclopédie sur pattes.
_ La troisième, reprit Riza, n'est autre que Winry Rockbell, l'amie d'enfance des Elrics.
_ C'est sûrement elle qui a trouvé comment arrêter le train, vu qu'elle est le mécanicienne. Approuva Roy.
_ Mais et cet alchimiste ? Voulu savoir Havoc.
_ Et bien, l'alchimiste d'état en question se nomme Zolf J. Kimbley. Rajouta Riza.
_ Vous vous foutez de moi là, lieutenant Hawkeye, n'est-ce pas ? Dit Mustang perplexe.
_ Pas le moins du monde.
_ Vous voulez me faire avaler que l'alchimiste écarlate à sauver un train entier avec l'aide de trois femmes ?!
_ C'est la stricte vérité !
_ Mais qui est cet « alchimiste écarlate » ? Demanda Fuery.
_ Zolf J. Kimbley surnommé l'alchimiste écarlate faisait parti des alchimistes d'état envoyé sur le front à Ishbal. Raconta Falman. Après la fin de la guerre, il a été jugé et reconnut coupable du meurtre de ses supérieurs.
_ De plus, il devrait être mort depuis longtemps. Ajouta Mustang.
_ Mais alors qu'est-ce qu'il faisait dans ce train ? Demanda Breda.
_ C'est une bonne question... Seulement, cela me parait fortement improbable que ce fou est sauvé des vies.
_ Pourtant, c'est bien ce qui a été dit. Appuya Riza.
_ Je crois que je vais aller mener ma petite enquête. J'irais rendre visite à Winry Rockbell, elle doit être avec les Elrics désormais.
_ Bon, le débat est clos ! Il est temps de se mettre au boulot. »
Sous la menace du revolver de Riza, l'équipe du colonel se mit à travailler dare-dare.

*


Le groupe de voyageurs revenus au nombre de trois, Winry ayant quitté pour rejoindre ses amis, avait vite déguerpi la gare. C'était la meilleure solution pour qu'on ne les interroge pas trop. Il ne fallait pas que l'on découvre que May était arrivée clandestinement en Amestris. Ils dénichèrent un hôtel en centre ville où ils louèrent deux chambres. Aerith dormirait en compagnie de May et Kimbley tout seul. Avant d'arriver à l'hôtel, Aerith avait lu sur un panonceau que la fête dont parlait Winry, commencerait dès ce soir. Ils décidèrent de rester dans leurs chambres en attendant l'heure prévue. Exténuée à cause de leur escapade sur les toits du train, May s'endormit sur son lit, sans demander son reste. Aerith resta près du lit de la petite pour veiller sur elle. C'est alors que l'alchimiste écarlate sans crier gare.
« J'aimerais te parler Aerith. Annonça Kimbley.
_ Chuut ! Souffla la jeune femme. Tu ne peux pas faire moins de bruit ? Mais quel bourrin !
_ Quoi encore ?
_ Tu ne vois donc pas que May est en train de dormir ?!
_ Ah, et alors ?
_ Ce que tu peux être désagréable par moment !
_ Bon, je ne suis pas venu pour discuter de la façon dont je me comporte.
_ Qu'as-tu donc à me dire ?
_ Ces monstres dans le train... Tu as avoué que tu savais ce que c'était.
_ Oui, ils provenaient de mon monde.
_ Selon toi, qu'est-ce que cela signifie ?
_ Je vois où tu veux en venir. Tu te demandes ce qu'ils faisaient ici ? »
Kimbley acquiesça.
« Je ne le sais pas moi-même... Reprit Aerith. Je ne comprends pas comment ils ont pu venir.
_ Remarque, tu es bien là toi. Appuya l'alchimiste.
_ C'est différent, je suis sensée être morte. Je n'ai pas souvenance de mon passage de mon monde à celui-ci.
_ Mais si des bestioles de ton monde se retrouvent ici, on peut donc penser qu'il y a une sorte de pont qui relie nos deux mondes et qui leur permet de communiquer.
_ C'est ce que je crois aussi. Mais, dans ce cas, où se trouve ce passage ? »
La question resta suspendue. Aucun des deux n'avait de solutions à soumettre. La jeune femme brisa de nouveau le silence.
« Kim, j'ai autre chose à te rapporter. Dit-elle sur le ton de la confidence. »
Aerith ne souriait plus et fixait l'homme en face d'elle avec ses yeux d'un vert profond. L'alchimiste y décela une certaine terreur.
« Que se passe-t-il ? Ca ne va pas ? Demanda-t-il un peu inquiet.
_ Je n'aime pas cette ville. Avoua Aerith. Depuis que nous y sommes j'ai l'impression d'étouffer ; je ressens à cet endroit des choses que je n'avais encore jamais ressenti nulle part. C'est comme si... Des millions d'âmes criaient à l'agonie. »
L'alchimiste ne répondit rien car il ne comprenait pas tout à fait ce que ces paroles signifiaient. De plus, le sérieux dont faisait preuve Aerith, le rendait perplexe.
« Vous aussi vous les entendez, mademoiselle Aerith ? »
Les deux grandes personnes remarquèrent alors que May était éveillée et qu'elle se tenait assise dans son lit. Elle regardait la jeune femme avec un air de parfaite compréhension.
« Comme moi, vous avez entendu ces voix en arrivant à Central. Affirma May.
_ J'ai l'impression de réentendre le cri de la Planète. Dit Aerith en fermant les yeux comme pour mieux se souvenir. Sauf que cette fois, les pleurs qui flottent dans l'air sont plus intenses.
_ J'ai perdu le fil là... Fit Kimbley désorienté.
_ Vous ne les percevez pas monsieur Kimbley ? Demanda May.
_ Bon sang, mais percevoir quoi ?!
_ C'est normal qu'il ne puisse pas les entendre. Expliqua Aerith. Si moi, je peux entendre ces cris, c'est parce que je suis une Cetra, quant à toi May, tu es elixirologiste, c'est-à-dire que tu utilises le flux d'énergie qui parcours cette Terre. C'est pourquoi tu es en constante communication avec la Planète. Tu as appris à l'écouter et à communiquer avec elle. Contrairement à Kim.
_ Pourquoi ais-je la vague impression que vous me prenez pour un inculte ? Railla l'alchimiste.
_ Parce que c'est le cas ? Fit savoir Aerith. »
May rit de bon c½ur tandis que Kimbley passait une main sur son visage, essayant de se contenir.
« Allons, je disais ça pour détendre l'atmosphère. Se rattrapa la jeune femme.
_ Ca, c'est toi qui le dis ! Répliqua l'alchimiste.
_ Quelle heure est-il ? Demanda May.
_ Dix-neuf heures trente. Répondit-il en regardant sa montre à gousset.
_ La fête doit avoir commencé. On se prépare ?
_ Vous êtes vraiment décidé à y aller ?
_ Bien sûr ! Répondirent-elles en c½ur.
_ Je sens que je vais le regretter... »
Sur ce, ils se changèrent. May enfila une robe violette et rose à manches longues. Aerith opta pour une robe blanche à bretelles lui arrivant aux genoux, avec des motifs brodés sur les bords. Kimbley fit très simple : une chemise blanche, un pantalon noir et une veste noire. Aerith s'empressa de refaire sa queue de cheval car elle le trouvait décoiffé. L'alchimiste râla un peu, mais se laissa finalement faire. May noua un n½ud rouge autour du cou de Xiao Mei. Après ces préparations, le groupe sortit de l'hôtel pour se diriger vers la place où se déroulait la fête. Un air rythmé de musique leur parvint. La petite May sautillait sur place en suivant la musique, imitée par son panda. La grand-place était bondée ; des stands d'attractions s'étalaient ça et là et une foule impatiente se pressait aux alentours. Un peu plus loin dans un parc, un orchestre jouait sous un chapiteau. Un piste de danse avait été monté juste à côté. Des gens dansaient à deux et mêmes à plusieurs dans une farandole délirante. Enchantée, et souhaitant ardemment danser, May prit la main de ceux qu'elle considérait comme ses sauveteurs. Elle les entraîna d'un pas joyeux vers la piste de danse. Seulement, Kimbley ne semblait pas adhéré à l'idée de la petite fille. Pour lui, ce serait la honte assurée ! Mais, comment résister au regard inquisiteur que lui lançait Aerith ?
Une fois de plus, il mit sa ferté de côté et prit la main que lui tendait la jeune femme, ainsi que celle de May. Il se laissa entraîner par ses deux partenaires vu qu'il ne savait pas danser. Malgré tout, ce petit moment d'insouciance ne lui déplaisait pas ; May riait à c½ur joie et Aerith esquissait l'un de ses plus beaux sourire. Cette joyeuse ambiance imprégnait l'alchimiste sans qu'il s'en aperçoive. Il fixait intensément le visage souriant de la demoiselle ; un désir plus fort que tout, envahit son esprit : celui de la prendre dans ses bras et de la serrer fort contre lui. Il se rendit soudain compte qu'elle le regardait droit dans les yeux. En pensant aux idées saugrenues qu'il avait eu, il détourna le regard sentant que le rouge lui montait aux joues.
Tout à coup, Aerith s'arrêta net de danser. Elle fixait un point dans la foule, invisible aux yeux des deux autres. Elle pâlît et une peur insatiable s'insinua en elle. Kimbley sentait la main de la jeune femme trembler au creux de la sienne. Sans prévenir ses deux amis, Aerith courut en direction d'un platane à l'abri des regards. Elle s'y adossa et se laissa glisser le long de l'arbre. Elle haletait et son c½ur battait à tout rompre ; elle avait des sueurs froides et il lui semblait que tout tournait autour d'elle. Ses hauts le c½ur devenaient de plus en plus incontrôlables. Ses deux compagnons arrivèrent plutôt inquiets.
« Mademoiselle Aerith ! Vous n'allez pas bien ? Demanda May effrayée par le teint spectral de la jeune femme.
_ On ferait mieux de rentrer. Annonça Kimbley.
_ Non ! S'offusqua Aerith. »
L'alchimiste et l'elixirologiste se regardèrent d'un air interrogateur.
« Tu perds les pédales ou quoi ?! S'insurgea Kimbley. Tu as vu dans quel état tu es ?
_ Je dois m'assurer de la vérité. Fit Aerith butée, se relevant à présent.
_ La vérité ? Mais de quoi parles-tu ?!
_ Ce n'était peut-être que mon imagination, mais je suis pourtant certaine de l'avoir vu, lui...
_ Qui c'est ça, « lui » ? Demanda May intriguée.
_ Sephiroth... Il faut que j'aille vérifier.
_ Ton assassin, n'est-ce pas ? Reprit Kimbley. Et tu veux aller le chercher ?!
_ Oui.
_ Tu es suicidaire ma parole !
_ Je ne vous oblige pas à m'accompagner. Je préfère autant que tu restes là auprès de May. Je ne veux pas que vous soyez impliqué là-dedans.
_ Parce que tu crois que je vais te laisser y aller comme ça ?! »
Il se mit face à elle et la prit par les épaules. Il plongea son regard doré dans celui d'un vert profond de la jeune femme, pour lui faire comprendre que ce qu'il allait dire, il le pensait vraiment.
« Soit on part à sa recherche tous les trois, soit on rentre. Mais on reste ensemble quoiqu'il arrive. »
May fut heureuse d'entendre qu'il l'incluait elle aussi. Aerith s'étonna d'entendre de telles paroles sortir de la bouche de cet homme qui était à ce qu'on racontait, insensible. Ces paroles agirent comme un baume sur la terreur qu'avait éprouvée la jeune femme. Son courage revenait ainsi que les couleurs sur son visage. Un sourire espiègle s'étala sur ce dernier.
« Je ne pensais pas vivre assez longtemps pour t'entendre prononcer d'aussi bonnes paroles. Dit Aerith.
_ Ah euh... Fit Kimbley incapable de dire autre chose.
_ Ce que tu as dis était sincère Kim ; Et cela me touche profondément.
_ ... De rien.
_ Et moi alors, on m'oublie ?! S'exclama May en se plaçant entre eux deux.
_ Bien sûr que non ! Fit Aerith.
_ Comment pourrait-on oublier quelqu'un d'aussi encombrant... Euh non, je n'ai rien dit en fait. Se reprit l'alchimiste écarlate en sentant les crocs pointus du panda s'enfoncer dans son mollet.
_ Alors qu'on en finisse ! Dit May en partant déjà à travers la foule. »

Non loin de là, un petit groupe de quatre personnes se baladait sur la fête. Un homme aux longs cheveux argentés, marchait aux côtés d'une gigantesque armure, elle-même suivant un jeune garçon avec une natte blonde, plus petit que la moyenne. Une jeune demoiselle aux yeux bleus calquait ses pas sur les siens. Edward sirotait bruyamment une boisson pétillante.
« Dis moi Ed, tu ne sais pas boire comme des gens civilisés ? Fit remarquer Winry.
_ Je fais ce que je veux ; et puis avec tout le bruit qu'il y a autour, je pense que je ne dérange personne. Appuya Ed.
_ Il n'empêche que tu me fais honte.
_ Ed a toujours été très extraverti. Expliqua Al à Celeb.
_ Regardez, c'est monsieur Hugues là-bas ! S'exclama Winry.
_ Allons à leur rencontre ! Suggéra Al. »
Ils se précipitèrent vers l'homme aux courts cheveux noirs coiffés en arrière et portant de fines lunettes rectangulaires. Ce dernier était accompagné de sa femme Gracia et de sa fille de trois ans, Elysia. Quand la petite aperçut le groupe, elle courut dans leur direction pour se jeter dans les bras de Winry grands ouvert.
« J'étais sûr que nous tomberions sur vous ! Affirma Hughes. Alors, c'est lui le nouvel alchimiste d'état ? »
Winry s'empressa de faire les présentations. Celeb avait toujours l'air aussi gêné lorsqu'il rencontrait de nouveaux visages, mais Maes réussi facilement à le mettre en confiance. Elysia grimpa sur les épaules en acier d'Alphonse après que ce dernier eut promis à son père qu'il ne la laisserait pas tomber.
« J'ai entendu dire que ton voyage de Resembool à Central avait été particulièrement mouvementé, Winry. Dit Hughes impatient d'en savoir plus.
_ C'est vrai, mais je ne m'en suis pas trop mal tiré ! Répondit Winry.
_ Tout de même, si tu n'avais pas reçu cette aide inopinée, tu ne serais peut-être plus là pour en parler. Affirma Celeb.
_ J'ai toujours su que les trains n'étaient pas sans danger. Dit Ed.
_ N'empêche, tomber sur un alchimiste d'état, c'était vraiment un coup de bol ! Reprit Al.
_ Je ne sais même pas comment il s'appelait et c'est pareil pour les deux filles qui l'accompagnait. Ajouta Winry.
_ Ah, mais moi, je sais qui étaient ces trois personnes ! Annonça Hughes.
_ Et bien allez-y, mettez-vous à table. Dit Ed.
_ La plus petite se prénommait May Chang, on a des doutes sur ses origines ; la jeune femme s'appelait Aerith Gainsborough, on n'en sait pas plus que ça sur elle. Quant à cet alchimiste d'état, c'était Zolf J. Kimbley, l'alchimiste écarlate.
_ Je me demande bien ce qu'il fichait dans ce train d'ailleurs. »
A cette voix, le groupe stoppa sa marche et se retourna pour voir apparaître le colonel Mustang. Maes lui assena une bonne tape dans le dos en lui souhaitant le bonsoir et Ed ronchonna de plus belle.
« On peut savoir ce qui t'amènes ici ? Demanda Hughes.
_ Et bien, je pensais quelques infos, mais apparemment mademoiselle Rockbell n'en sait pas plus que nous. Répondit Roy.
_ Bah, laisse ton boulot de côté pour une fois et joint toi à nous !
_ Ne serait-ce pas le commandant Armstrong que j'aperçois au loin ? Demanda Alphonse en montrant du doigts un géant chauve avec une mèche blonde.
_ Effectivement. Affirma Roy. Mais que fait-il là ? Je le croyais n ce moment même au QG Sud. »

Pendant ce temps, tapis derrière des fourrés, trois personnes observaient la scène avec attention.
« Je n'avais pas rêvé, c'est bien lui ! Dit Aerith sur le qui-vive.
_ Qu'il est beau... Souffla May les yeux pleins d'étoiles.
_ May, je ne pense pas que ce soit le moment pour ce genre de choses. Railla Kimbley. Pfff... Et il fallait que le flame alchemist soit dans le coup bien sûr !
_ Tu as entendu, le commandant Armstrong est ici, à Central. Marmonna Aerith.
_ Qu'est-ce qu'il fiche là lui aussi ?
_ En tout cas, ce Sephiroth n'a pas franchement l'air d'un assassin. Affirma May qui regardait l'homme aux cheveux d'argent d'un ½il admiratif.
_ Je te l'accorde. Approuva Aerith. Il est bien différent de celui que j'ai connu. C'est étrange...
_ On pourrait aller les rencontrer, comme ça on dirait bonjour à mademoiselle Winry. Proposa May.
_ Je n'ai pas vraiment envie de me retrouver face à Mustang, mais c'est le seul moyen que l'on est d'en savoir un peu plus. Dit Kimbley.
_ Alors, on fonce ! Finit par dire Aerith. »
Ils sortirent de leur cachette improvisée et s'avancèrent vers le groupe, l'air de rien. Ce fut Winry qui les aperçut en premier. Elle les héla tout en faisant de grands gestes de la main. A ce moment là, ceux qui l'accompagnaient les virent à leur tour. Mustang eut un étrange tic nerveux en reconnaissant l'homme qui arrivait. Ce dernier d'ailleurs, ne pu s'empêcher de lui jeter un regard noir.
« Tiens, tiens, ne serait-ce pas le « grand » colonel flamme ? Ironisa Kimbley.
_ L'écarlate... Je te croyais toujours en tôle ? Lui renvoya Roy.
_ Et bien, quel accueil chaleureux. »
La tension était à son comble. Les deux hommes se regardaient, épiant le moindre mouvement suspect. Les autres personnes qui se trouvaient autour sentaient presque la frustration qui se dégageait de leur combat silencieux. Seule Aerith ne se préoccupait pas de cet échange de pensées meurtrières. Son esprit était entièrement tourné vers une seule et unique personne. Sephiroth, l'homme qui s'était forgé une réputation de demi-dieu ; celui qui l'avait assassiné et qui avait failli réduire son monde en poussière.
Cependant, aucune once de méchanceté ou de folie ne se dégageait du regard de l'homme aux cheveux d'argent. Il semblait respirer la bonté et l'innocence ; seuls ses yeux aux pupilles rétractées contrastaient avec la pureté qu'il libérait. Si Aerith n'avait pas su ce qu'il avait fait par le passé, elle aurait pu croire que l'homme qui se trouvait en face d'elle n'était pas le véritable « ange à une aile ». Alors qu'Aerith le sondait intérieurement, Celeb détourna les yeux de la bagarre spirituelle entre les deux alchimistes, pour croiser le regard de la jeune femme. Il fut étonné de voir qu'elle le fixait d'un air presque froid. Pourquoi le regardait-elle ainsi ? Il ne pensait pas la connaître pourtant. Son c½ur se mit à battre plus fort. Il avait qu'elle pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Cette idée le mettait mal à l'aise. Il tremblait à présent. Mais que lui arrivait-il ? Etait-ce de la peur ? Peut-être bien, mais pourquoi était-il effrayé par cette femme ? Il détourna à nouveau les yeux, ne supportant plus l'oppressante présence de la jeune femme. Il vida son esprit et son corps finit par se détendre.
Pendant ce temps, Maes Hughes avait réussi à mettre fin à l'affrontement psychologique entre Kimbley et Mustang. Ces derniers laissaient désormais une bonne distance entre eux. Aerith revint de son introspection un peu frustrée. May le comprit et s'accrocha à son bras. La jeune femme se tourna vers Winry avec un large sourire aux lèvres.
« Je suis contente de te revoir Winry. Alors tu nous présentes tes amis ? »
La jeune fille aux cheveux blonds s'exécuta et présenta tout le monde. Aerith et May se réjouissait à l'idée de faire de nouvelles connaissances, tandis que Kimbley pensait que cela ne servirait qu'à leur apporter de nouveaux ennuis. Aerith tiqua en entendant le nom que portait désormais Sephiroth. Pourquoi diable n'avait-il pas gardé son nom d'origine ?! Etait-ce pour cacher son identité ? Cette hypothèse ne tenait pas debout puisque personne dans ce monde ne connaissait sa réputation. Se pourrait-il que Sephiroth ait vraiment changé ? Ou bien...
Aerith interrompit ses pensées confuses pour se tourner vers la dernière personne que lui présentait Winry. C'était l'homme qui avait répondu à la provocation de l'écarlate. Roy Mustang qu'il s'appelait et c'était lui aussi, un alchimiste d'état. Elle constata qu'il était fort bel homme, il ne devait pas laisser indifférent la gent féminine. Déjà, comme à son habitude, le flame alchemist afficha son plus beau sourire et s'approcha de la jeune femme pour la courtiser.
« C'est donc vous la charmante jeune femme qui a aidé à sauver les passagers de ce train d'une mort certaine. Vous avez des yeux magnifiques, vous devez avoir beaucoup d'admirateurs.
_ Merci, mais je pourrais en dire autant de vous, monsieur Mustang. Dit Aerith subjuguée par la courtoisie de l'homme aux yeux couleur onyx.
_ Vous accepteriez bien de venir dîner un soir avec moi ? Proposa Roy. »
Aerith rougit, mais hésita quant à la proposition du colonel. Elle s'apprêtait à répondre lorsque Kimbley, qui ne l'entendait pas de cette oreille, passa son bras sous celui de la jeune femme. Aerith le regarda surprise, mais éprouva un sentiment étrange au fond d'elle-même.
« Je crains que ce ne soit pas possible, nous devons redescendre dans le Sud dès demain. Annonça Kimbley qui lança un regard en coin vers le commandant Armstrong.
_ Crois-tu que je vais te laisser t'enfuir comme ça ? Releva Mustang qui regardait la scène, outré. Avec cette femme et cette petite fille entre tes mains ? C'est hors de question, j'aurai bien trop peur que tu les fasses souffrir pour assouvir tes pulsions sadiques !
_ Primo, je ne m'enfuis pas ; je suis de nouveau sous les ordres de l'armée je te signale. Secundo, tu te méprends sur mes intentions. Tertio, tu peux parler, mais toi aussi on ne peut pas dire que tu es les mains propres. »
En prononçant cette dernière phrase, Kimbley exhiba un sourire malfaisant. Il savourait déjà sa victoire sur l'alchimiste de flamme. Roy était tendu, il avait peur de comprendre de quoi voulait parler l'écarlate.
« Il est vrai que tuer des Ishbals était loin d'être une bonne action, mais je ne suis pas le seul dans ce cas. Reprit Mustang.
_ Ne fais pas celui qui ne sait pas de quoi je veux parler. Attaqua Kimbley. Tu as très bien compris ce que je voulais dire, seulement cela te restes en travers de la gorge. Surtout que tu côtoies leur fille à présent.
_ Tu dis encore un seul mot et je ne réponds plus de mes actes. Fit Mustang dont la colère allait bientôt éclater.
_ Ce n'est certainement pas toi qui m'interdiras de dire la vérité ; parce que tu as peur de cette vérité, je me trompe ?
_ Ferme la... Siffla Mustang qui enfilait déjà son gant alchimique à l'abri des regards.
_ Et oui, le « héros d'Ishbal » n'est pas aussi blanc qu'on le croit ! Il est coupable d'un meurtre. Car c'est lui le meurtrier de vos parents mademoiselle Rockbell ! Mais bien entendu, il s'en sort sans dommage car c'était les ordres de l'armée. »
Un silence de mort s'abattit sur le groupe. Winry ouvrit de grands yeux choqués. Elle regardait les deux alchimistes qui se faisaient face, à tour de rôle. Elle était perdue, elle ne savait plus quoi penser, ni comment réagir. Devait-elle être en colère ? Mais contre qui ? Mustang qui avait assassiner ses parents, ou Kimbley qui avait annoncé cette information de façon odieuse ?
Edward était dégoûté par ce qu'il venait d'entendre, il fulminait intérieurement. Il ne lâcherait pas le colonel tant qu'il ne lui aurait pas donné de plus amples explications.
Mustang réagit vite et inconsidérément pousser par la haine qu'il éprouvait pour l'alchimiste écarlate. Il leva son bras ganté et frotta son pouce et son index l'un contre l'autre. Une étincelle jaillit en direction de Kimbley. Aerith n'écoutant que son c½ur, poussa son ami sur le côté. Ils évitèrent en partie la transmutation, mais la jeune femme sentit la morsure des flammes sur son bras droit. Mustang fut pris de panique à l'idée d'avoir touché la jeune femme. Les flammes qui avaient été lancées en l'air, s'évaporèrent aussi vite qu'elles étaient apparues. Aerith tituba et fut rattrapé par Kimbley qui – il du se l'avouer – avait eu très peur pour Aerith. Elle plaqua sa main gauche sur la plaie suintante et grimaça de douleur.
“ Mademoiselle Aerith !! Hurla May effrayée.”
La petite fille se précipita vers son amie, imitée par la plupart du groupe. Seuls restaient en retrait, Mustang car il était toujours sous le choc, et Sephiroth car il éprouvait encore cette peur indicible lorsqu'il regardait la jeune dame.
Les parents de Winry étant médecins, la jeune fille avait lu pas mal de livre sur la question. Elle entreprit donc de faire un garrot au bras d'Aerith. La brûlure était profonde, Winry estima que la plaie mettrait un certain temps à cicatriser. Kimbley ôta sa veste et la mit sur les épaules tremblantes d'Aerith. Son regard était perdu dans le vide et son visage n'affichait aucune expression. Il l'aida à se relever et May se remit elle aussi debout.
« Je crois qu'on ferait mieux de partir. Dit Kimbley.
_ Il faut qu'elle voit un médecin ! Soutint Winry.
_ On fera ce qu'il faut en temps voulu. Lui répondit-il entraînant déjà Aerith. May, on y va !
_ Ah oui ! J'arrive. Fit la petite fille désorientée. »
Juste en passant à côté du flame alchemist, Kimbley jeta un regard noir à ce dernier, qui était lourd de sous-entendus. Ils se dirigèrent alors en silence dans la rue principale. En direction de leur hôtel. Les personnes restantes finirent elles aussi par se disperser en se disant un vague « bonsoir ».

Quelque part sur la fête, un jeune maigrichon habillé bizarrement se tenait perché sur le toit d'un chapiteau. Il avait observé la scène se délectant de la stupidité dont faisait preuve les humains.
« Finalement, il y a de l'ambiance par ici, apprécia Envy. Ce petit spectacle m'a ouvert l'esprit. Je ne pensais pas autant m'amuser en venant ici. Dommage que l'écarlate n'ait pas fait de carnage, ça aurait été marrant ; j'aurais pu participer en douce et en profiter pour tabasser le fullmetal nabot ! Malheureusement, il a l'air d'en pincer pour cette femme. Aaah... Les humains sont vraiment stupides ! »
Sur ce, il disparut dans la nuit noire.

**


Lorsque l'hôtelier vit Aerith blessée, il s'empressa d'appeler un médecin. Ce dernier arriva aussi vite qu'il pu et osculta la jeune femme dans sa chambre. Il pansa correctement la plaie et lui prescrit quelques médicaments afin d'éviter une éventuelle infection. Puis, il s'en alla après s'être assuré qu'elle ne se sentait pas trop mal. May alla s'asseoir près d'elle.
« Ca va aller, mademoiselle Aerith ? Demanda la petite.
_ Oui, ne t'inquiètes pas, tout va bien ! Garantit Aerith en affichant enfin son habituelle sourire. »
Ce simple sourire réconforta May qui sourit à son tour. Xiao Mei, le petit panda, se percha sur l'épaule gauche de la jeune femme. Celle-ci la caressa gentiment. Trois petits coups furent frappés à la porte de leur chambre. Aerith lança un « entrez ! » et Kimbley apparut dans l'embrasure de la porte. La jeune femme remarqua qu'il évitait à tout prix de la regarder dans les yeux. Il resta debout et contempla la ville s'étendait derrière la fenêtre, les mains dans les poches.
« C'est la deuxième fois que tu me sauves la vie, Aerith. Dit-il d'un ton neutre.
_ C'est vrai, désormais, tu as une grande dette envers moi ! Plaisanta-t-elle.
_ ...
_ Je rigolais tu sais... C'est dans ma nature de faire passer la vie des autres avant la mienne. Je n'ai jamais rien demandé en échange.
_ Justement ! S'énerva Kimbley. Tu devrais penser un peu plus à toi, de temps en temps !
_ Je rêve ou... Ce n'est pourtant pas ton genre de penser aux autres. Peut-on savoir ce qui te rend si attentionné envers moi, Kim ?
_ ... »
Aerith regarda May comme si elle attendait qu'elle lui dise quelque chose. La petite semblait avoir compris car elle hocha la tête en signe d'approbation. La jeune femme se leva en soutenant son bras blessé retenu par une écharpe. Elle se posta à côté de l'alchimiste et regarda le ciel étoilé qui s'étendait devant elle. Des dizaines de lumières de couleurs différentes envahirent le ciel d'un noir d'encre. Un bruit de pétarade emplit l'air. Le feu d'artifice venait de commencer.
« C'est magnifique, n'est-ce pas ? Apprécia Aerith.
_ Tu as raison. Répondit l'alchimiste un petit sourire en coin. Le bruit de ces fusées qui explosent résonne au plus profond de mon être. »
Aerith poussa un long soupir. Seulement, ce n'était pas ce bruit là que Kimbley percevait le plus. Un son plus sourd et régulier s'imposait à ses oreilles. Ce n'est qu'après un certain temps de réflexion, qu'il comprit que c'était son c½ur qui battait ainsi. Pourquoi battait-il la chamade à ce moment précis ? La seule fois où il s'était senti dans un tel état d'euphorie, c'était lors de la guerre d'Ishbal, lorsqu'il explosait tout sur son passage. Mais là, ce n'était pas le cas ! Son c½ur s'emballa encore plus quand il sentit la tête d'Aerith posée sur son épaule. Il eut du mal à déglutir et sentit son visage s'empourprer. Jamais il n'avait ressenti cela pour quelqu'un et il ne savait pas comment réagir. « Je ne me sens vraiment pas bien, pensa-t-il. Vite ! Que quelque chose se passe, sinon je vais me sentir mal ! »
« Hé ! Je ne vois rien moi ! S'écria May. »
Ce fut elle qui sauva la mise à Kimbley. Les deux grandes personnes s'écartèrent et laissèrent passer May qui se percha sur la pointe des pieds pour mieux admirer le spectacle. Le feu d'artifice terminé, la petite se coucha et Aerith la borda. Le petit panda s'installa confortablement sur le coussin où reposait la tête de son amie. La jeune femme raccompagna l'alchimiste jusqu'à la porte de leur chambre.
« Bon, si tu as besoin de quoi que ce soit... Commença Kimbley.
_ Je sais, je ne manquerais pas de venir t'embêter ! Le coupa Aerith. Il ne nous reste plus qu'à nous dire bonne nuit. »
Avant même qu'il est pu répondre, Aerith passa sa main valide sur la joue de l'alchimiste et frôla ses lèvres des siennes. Après ce rapide échange, la jeune femme s'enfuit derrière la porte de sa chambre. Une fois de plus, Kimbley resta planté sur le palier, désorienté et aussi rouge qu'une pivoine. C'était comme si plus rien n'existait autour de lui. Il ne savait pas s'il devait hurler sa joie ou au contraire la retenir. Il passa ses doigts sur ses lèvres qu'elle avait embrassées. Il n'arrivait décidément pas à le croire. Se pourrait-il finalement, que quelqu'un ait des sentiments pour lui, le sanguinaire alchimiste écarlate ? Apparemment, c'était le cas d'Aerith. Il s'en retourna dans sa chambre et se coucha. Toutes ses pensées étaient tournées vers elle. Une seule chose comptait pour lui à présent, c'était d'accomplir la promesse qu'il avait faite à Greed ; protéger Aerith à n'importe qu'elle prix.

***


Ce matin, le réveil fut aisé. Aerith se réveilla de bonne humeur – bien qu'elle ait le bras à moitié brûlé. Elle était fière de ce qu'elle avait osé faire la soirée d'hier. Embrassé l'alchimiste écarlate n'était pas une victoire négligeable. Surtout qu'il lui avait rendu son baiser. Aerith se leva donc toute excitée et heureuse de vivre. May Chang était déjà assise à une table devant un bol de thé, son petit panda à ses côtés, dévorant une brioche entière. Elle se mit à rire nerveusement en voyant la jeune femme approcher.
« Qu'y a-t-il May ? Interrogea Aerith interloquée.
_ Oh, pour rien ! Répondit précipitamment la petite d'un air qui en disait long. »
Ne cherchant pas à comprendre, Aerith s'empressa d'attaquer son petit déjeuner. Kimbley arriva finalement à leur table, rentrant d'une balade matinale ; il avait de nouveau revêtu son uniforme militaire. En le voyant débouler, May ne pu retenir un autre rire nerveux.
« Qu'est-ce qui lui arrive ? Demanda l'alchimiste.
_ Je n'en sais trop rien. Lui répondit Aerith. Au fait, qu'est-ce qu tu es parti faire ce matin ?
_ Je suis allé à la gare, acheter des billets. Dit-il en sortant les tickets de train de sa poche.
_ Alors, on repart vraiment au QG du Sud, fit-elle avec une pointe de tristesse ; puis elle se souvint d'une chose. Mais, et May ? On ne peut pas l'emmener se jeter dans la gueule du loup ?! »
A ces mots, May cessa de sourire, l'appréhension revenait à la charge.
« Je sais bien, mais le fait qu'Armstrong soit là n'est sûrement pas le fruit du hasard. Maintint Kimbley.
_ Tu insinuerais qu'il nous espionne ?
_ Je te l'avais dis, ce Archer ne nous fait pas confiance.
_ Ce n'est pas une raison pour qu'on laisse May tomber entre les griffes de cet infâme bonhomme !
_ Je vous en prie, ne m'abandonnez pas... Fit une petite voix. »
De grosses larmes roulaient sur les joues rondes de la petite fille. Toute la joie qu'avait ressenti Aerith ce matin se dissipa en voyant ce visage triste et apeuré. Elle se leva de sa chaise et serra la petite dans ses bras.
« Qu'est-ce tu racontes ? Confia Aerith. On ne va pas t'abandonner ; les amis, c'est fait pour s'entraider, pas vrai Kim ?
_ J'ai décidé qu'on descendrait dans le Sud, mais je n'ai pas précisé où on irait exactement.
_ Tu veux dire que...
_ Ouais, il est temps de retrouver de vieux « amis ». »

A suivre...
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# Posté le samedi 26 janvier 2008 07:27

°°°°°Un pont entre deux mondes: Chapitre 8, première partie°°°°°

°°°°°Un pont entre deux mondes: Chapitre 8, première partie°°°°°
Chapitre 8 : Pris au Piège


Décidément, les trains étaient bondés ces temps-ci. Les trois compagnons firent la moitié du voyage debout. Au fur et à mesure les places se libérèrent ; la virée se passa sans encombres. La ville de Dublith n'avait pas changé d'un pouce. Le soleil commençait déjà à décliner ; Il fallait se dépêcher de retrouver la bande à Greed afin de mettre May Chang en sûreté. Ils commencèrent par arpenter les rues de la cité, en espérant tomber sur une des chimères rescapées. Leurs efforts furent récompensés, car la chimère-lézard épiait en douce au coin d'une rue sombre. Elle les conduisit en dehors de la ville, puis traversèrent une forêt épaisse pour arriver dans une clairière où se trouvait une vieille bâtisse de paysan. Une rivière coulait à côté, drainée par une roue de moulin raccordée à la masure.
A cet endroit, il faisait déjà nuit et ils purent apercevoir de la lumière filtrer à travers les rideaux tirés. La chimère frappa à la porte ; un ½il apparut dans une fente et reconnu immédiatement ceux qui se trouvaient sur le palier. La porte s'ouvrit sur une Martel rayonnante, qui accueillit Aerith à bras ouverts et un peu plus froidement Kimbley. Elle fut d'abord étonnée de voir une petite fille les accompagner, mais se réjouit aussitôt en sachant qu'elle venait renforcer les rangs. Une fois rentrés, les retrouvailles – ainsi que les présentations – furent assez émouvantes. Greed serra tout contre lui une Aerith qui riait aux éclats, sous le regard désapprobateur – et un peu jaloux – de Kimbley. D'ailleurs, ce dernier eut droit aussi à une étreinte d'un homonculus un peu trop expansif. L'alchimiste se dégagea tant bien que mal, tandis qu'Aerith racontait leurs aventures à quatre chimères attentives. Greed se prit d'affection pour la petite May qui ne refusa aucunement sa présence encombrante – au contraire, elle le trouvait même attachant ! Une plus grande complicité se tissa entre eux, lorsque May avoua qu'elle cherchait tout comme lui, la vie éternelle.
C'est autour d'une grande table de chêne qu'ils s'installèrent afin de bivouaquer. On mangea un bon pot-au-feu et on treuilla pas mal de bière et de vin. Après ces trois heures de festivité, seules trois personnes étaient encore en bonne état : Dolchatte, Kimbley et Xiao Mei – même après avoir bu trois ou quatre pintes de bières, le petit panda était parfaitement lucide. Roa ronflait la tête posée sur la table ; la chimère-lézard dormait suspendue à une poutre grâce à sa queue ; Martel et Aerith riaient à tue-tête pour un oui ou pour un non ; Enfin May dormait à poings fermés, blottit contre Greed qui n'allait pas tarder lui non plus, à rejoindre Morphée.
« Je crois qu'il serait judicieux de laisser Roa pioncer là où il est, jugea Dolchatte. Je m'occupe de Martel et de monsieur Greed.
_ Comme tu veux ; je me charge d'Aerith et de la petite. Dit Kimbley. »
Ils entreprirent donc de coucher tout le monde. Ils n'eurent aucune peine pour Greed et May, mais lorsque ce fut le tour des deux jeunes femmes... Vu qu'elles avaient un peu trop bu, leur comportement était plus extravagant qu'à l'accoutumée. Dolchatte eut bien du mal à décrocher Martel qui se pendait littéralement à son cou tout en lui disant qu'elle ne le quitterait jamais. Des mots qu'elle n'aurait jamais dit, consciente. Il finit tout de même par réussir à la mettre au lit et à se carapater vite fait dans sa chambre. Aerith donna encore plus de fil à retordre à Kimbley. Lui qui pensait la coucher en vitesse pour pouvoir lui-même rejoindre son lit, il eut tort. Lorsqu'il entra dans la chambre à la suite d'Aerith, cette dernière se retourna vivement et claqua la porte derrière lui. Elle se planta alors devant lui, si près qu'ils pouvaient sentir leurs souffles respectifs sur leur visage. Kimbley ne bougeait pas d'un pouce, pétrifié devant cette femme qui lui lançait un regard provocateur. Au grand dam de l'alchimiste, Aerith se colla tout contre lui et l'embrassa avec passion. Il ne su pas bien pourquoi – peut-être que l'alcool avait finalement fait son effet – mais il serra la jeune femme dans ses bras et lui rendit son baiser. Son c½ur débordait de joie, seulement sa raison le rappela à l'ordre. Aerith était complètement saoule ; lucide, elle ne se serait jamais permise de faire une chose pareille. Donc, il coupa court au baiser et la repoussa gentiment.
« Le mieux serait que tu ailles dormir afin de récupérer, posa Kimbley plus rouge que jamais. Tu ne crois pas, Aerith ?
_ Tu ne veux pas rester avec moi ? Fit Aerith chagrinée.
_ Je te rappelle que demain on doit retourner au QG Sud. Et j'aimerais que tu sois dans ton état normal...
_ Ce lieutenant-colonel ou je ne sais quoi peut très bien attendre ! Pour une fois que nous sommes seuls tous les deux.
_ Euh... »
N'attendant pas la réponse de l'écarlate, Aerith posa sa tête sur l'une de ses épaules. Kimbley avait très peur de ce que Aerith pouvait être capable de faire sous les effets de l'alcool ; mais elle resta comme ça à écouter les battements rapides du c½ur de l'alchimiste. Puis, il sentit qu'elle glissait, il la rattrapa et prononça son prénom. Pas de réponse, elle s'était endormie. Il la prit dans ses bras et la porta jusqu'à son lit. Après l'avoir recouverte, il s'agenouilla sur le plancher afin de se trouver à la hauteur du visage de la jeune femme. Il écarta quelques mèches de cheveux pour éclairer son visage fin. Même endormie, elle était rayonnante. Kimbley se surprit à sourire en la regardant, mais il du admettre qu'elle le fascinait. Sa tête posée sur un coussin qu'il entourait de ses bras, il sentit ses yeux se fermer d'eux-même sur l'image éblouissante de la Cetra.

*


Plusieurs heures plus tôt au quartier général de Central, deux hommes en uniformes marchaient le long d'une allée de colonnes. Mustang discutait avec le commandant Armstrong ; il voulait savoir ce qui se passait dans le sud, et ce que lui rapporta le géant blond était plus qu'intéressant.
« Ce que vous me racontez là est fort surprenant, commandant Armstrong. Dit Mustang.
_ Il serait bien que vous n'ébruitiez pas cela, mon colonel. Fit Armstrong anxieux. Normalement, je n'aurais pas du vous parler de cette affaire, mais je sais que je peux vous faire confiance.
_ Qu'allez-vous faire concernant l'écarlate et les deux demoiselles qui l'accompagnent ?
_ Je pense qu'ils vont chercher à cacher la petite fille ; c'est pourquoi dans mon rapport, je dirais simplement : « ils ont visité la ville minière de Youswell et Central, puis sont rentrés sans faire de rencontres fortuites. »
_ Vous êtes donc d'avis de les protéger.
_ J'ai l'impression qu'il se trame quelque complot sous notre nez.
_ J'en ai moi aussi conscience. Mustang réfléchit à toute vitesse. Je peux donc compter sur vous pour veiller sur cette jeune femme et essayer de savoir quels seront les prochains événements ?
_ Certainement ! »
Armstrong s'arrêta et serra la main du colonel.
« Il en faut pas que je les perde de vue. Au plaisir de vous revoir colonel Mustang, salua le géant.
_ Prenez garde à vous, commandant. Répondit Mustang avec un sourire déterminé. »
Le commandant Armstrong partit donc à la gare pour prendre le train qui le ramènerait à Dublith. Il repéra dans la foule qui montait à bord, Kimbley, Aerith et la petite demoiselle. Très bien, ainsi il n'aurait pas à les chercher à l'arrivée. Les quelques heures de train passées, il les suivit en dehors de la ville pour arriver à une vieille maison paysanne où s'étaient apparemment réfugiées les chimères survivantes. Armstrong décida de rentrer de suite au QG, mais il n'informerait pas Archer de sa découverte. Seulement, à l'orée du bois, une ombre furtive observait attentivement la scène. Bien à l'affût dans les fourrés, elle esquissa un sourire malveillant.

**


Un long bâillement suivi de quelques étirements et Greed fut debout. Il regarda par la fenêtre et vit que le soleil était déjà haut dans le ciel. Se dirigeant vers la pièce qui servait de hall d'entrée comme de salon, il remarqua que personne n'était encore levé. Il devrait aller réveiller Aerith et Kimbley, car si ils tardaient trop à revenir au QG Sud, ils allaient se faire remonter les bretelles. Sans trop d'enthousiasme, il se rendit vers les chambres de l'alchimiste et de la jeune femme. Ce n'était pas de sortir Aerith de sa torpeur qui l'embêtait, mais plutôt de secouer l'écarlate ; ce dernier n'était jamais de très bonne humeur lorsqu'il ne se réveillait pas tout seul. Greed entra donc dans la chambre de la jeune demoiselle en silence ; elle était bien là, plongée dans ses rêves. Pourtant, un détail dans le décor ne collait pas avec le reste. Greed sursauta en se rendant compte que Kimbley se trouvait là lui aussi, assis à côté du lit d'Aerith. « Pourvu qu'il ne se réveille pas, supplia Greed en pensée. S'il me voit en train de les observer dans une telle situation, je suis bon pour aller repeindre les murs ! » Ce ne fut pas l'homme à la queue de cheval qui se réveilla en premier, mais la jeune femme aux yeux verts. Elle étira ses bras et jeta un coup d'½il en direction de l'homonculus.
« Que fais-tu là Greed ? Demanda Aerith étonnée.
_ Chut, moins fort ! Murmura-t-il en jetant des regards furtifs vers l'écarlate. J'étais venu vous réveiller, mais... Je n'ai pas franchement l'intention de perdre une vie pour satisfaire les désirs sadiques d'une certaine personne. »
Il désigna la personne en question du menton et Aerith tourna son regard vers l'homme qui dormait près d'elle.
« Tiens, qu'est-ce que Kim fais là ? Se demanda la jeune femme interloquée. C'est bon Greed, je m'occupe de lui !
_ Merci ! Et félicitations, tu as réussi à le dompter à ce que je vois ! Fit Greed malicieux avant de sortir de la chambre en quatrième vitesse. »
Aerith se contenta de pouffer de rire. Elle se leva tranquillement afin de ne pas réveiller l'alchimiste trop brusquement. Elle s'assit près de lui et le fixa dans son sommeil. C'était étrange, tout air de sadisme le quittait lorsqu'il dormait. Il était si séduisant ainsi. Elle caressa la joue de l'alchimiste de sa main valide.
« Kim, réveille-toi... Murmura-t-elle d'un ton attendrissant. »
Si elle osait... Et puis flûte ! Il mettrait bien ses réflexions de côté pour une fois ! Elle approcha son visage de l'écarlate et posa ses lèvres sur les siennes. Alors qu'elle l'embrassait, elle sentit qu'il répondait à son baiser. Enfin, il ouvrit grands les yeux et sursauta lorsqu'il comprit ce qu'il se passait à son insu. Il rampa jusqu'au mur afin de mettre le plus de distance entre lui et Aerith. Cette dernière rigola à gorge déployée en voyant sa réaction et son teint rouge vif.
« Tu as peur d'une femme à présent ? Ironisa la jeune dame pliée en deux.
_ ... Mais... C'est la deuxième fois que tu me prends en traître ! s'exclama l'alchimiste en reprenant son aplomb.
_ Ben quoi, ça ne te plaît pas ?!
_ Euh, non... C'est que...
_ Ah oui, c'est vrai, je ne dois pas empiéter sur ton cercle vital. Sauf que toi, tu ne te gênes pas pour te vautrer sur mon lit !
_ Mais, c'est l'hôpital qui se fout de la charité, ma parole !
_ Comment ça ? As-tu une bonne raison pour te trouver dans la même chambre que moi ?
_C'est-à-dire que... Tu ne te souviens de rien ? Demanda-t-il soudain pris d'un doute.
_ Me souvenir de quoi ?
_ Tu ne te rappelles vraiment pas ce qu'il s'est passé hier au soir ?!
_ Nous avons mangé autour d'une grande table et je crois bien que je me suis endormie.
_ C'est tout ?
_ Et bien, oui ! Pourquoi, il s'est passé quelque chose ?
_ Non, rien... »
« Je me disais aussi... Pensa-t-il. »
Il préféra ne rien révéler à la jeune femme ; et puis il se sentait déjà assez mal à l'aise comme ça. Aerith s'était levée et entraînait Kimbley dans le salon pour dire au revoir à leurs amis. Il se faisait tard et ils devaient retourner au QG Sud de suite.
« May, nous allons te laisser ici un temps afin que les militaires ne découvre pas ton existence ; tu es d'accord ? Demanda Aerith avec douceur.
_ Et ne fais rien d'inconsidéré, rajouta l'écarlate.
_ Ne vous faîtes pas, je serais sage comme une image ! Assura May.
_ Pas d'inquiétudes, je veillerais personnellement à ce qui ne lui arrive rien ! Dit Greed en frottant la tête de la petite.
_ C'est bien ce qui me fait peur, marmonna Kimbley.
_ Je t'ai entendu, tu sais.
_ J'espère bien !
_ Oh, je vous arrête tout de suite ! Vous n'allez quand même pas vous crêper le chignon maintenant ? Intervint Martel.
_ Ouais, tu as raison... Ronchonna Greed.
_ Il est temps d'y aller. A bientôt tout le monde ! Salua Aerith. »
Pendant qu'ils descendaient la pente douce qui menait à la fin de la clairière, ils purent apercevoir leurs amis leur faire de grands signes de la main. Sous les arbres, on ne voyait pas à cent mètres tellement il faisait sombre. Ils arrivèrent finalement à l'orée de la forêt ; de là ils se dirigèrent vers la ville, puis suivirent une grande rue qui les amena directement devant le QG Sud. Les gardes en postes les laissèrent passer après quelques formalités. Rentrer dans ce bâtiment ne les enchantait pas beaucoup ; il fallait à tout prix trouver un moyen de se défaire du corps armé. Mais pour l'instant la meilleure tactique était d'attendre. Avant d'entrer dans le bureau d'Archer, Kimbley retint Aerith.
« Ecoute-moi, l'ami Archer va sûrement nous poser des questions sur notre excursion, mais laisse-moi y répondre. Intima l'écarlate.
_ Tu es sûr de vouloir te débrouiller seul ? Demanda la jeune femme.
_ J'improviserais. Seulement, ne t'en mêles pas, si nos deux récits ne collent pas, il pourrait le remarquer.
_ Motus et bouche cousue alors ! Répondit Aerith en esquissant le geste de fermer son clapet à double tour. »
Kimbley abaissa la poignée et poussa la porte ; tous deux s'engouffrèrent dans le bureau déjà occupé par Archer et Armstrong. L'homme au faciès pâle présenta un siège à Aerith qui accepta promptement. Le lieutenant-colonel s'assit à sa table de travail et croisa les doigts devant lui. L'écarlate se préparait mentalement à répondre – ou plutôt mentir – sans ciller, aux questions de son supérieur. Ce dernier posa son regard glacial sur l'homme à la queue de cheval.
« Il me semble que je vous avais assigné une mission, alchimiste écarlate, commença Archer. Vous n'avez donc pas appréhendé ces deux chimères ?
_ Nous ne les avons même pas croisés. Répondit Kimbley.
_ Vous n'avez donc fait aucune rencontre inopinée ?
_ Pas le moins du monde.
_ Mademoiselle Gainsborough, puis-je savoir ce qui est arrivé à votre bras ?
_ Et bien... Tenta Aerith.
_ C'était lors de l'attaque du train ! S'empressa de répondre l'alchimiste. Vous en avez sûrement entendu parler...
_ Ce n'est pas à vous que j'ai posé cette question, Kimbley ! Fit Archer irrité. Pourquoi ne pas l'avoir laissé répondre ?
_ ...
_ Je me demande... »
Archer glissa subrepticement sa main dans un tiroir ; il en retira un revolver, sans se faire voir des trois autres personnes présentes dans la pièce.
« ... Si vous ne vous foutez pas un peu de moi ! »
Avant de comprendre ce qu'il se passait, Kimbley sentit une intense douleur dans la jambe droite. Il tomba à genoux, tenant fermement la plaie d'où le sang coulait en abondance. Archer réarma son pistolet encore fumant et le pointa droit sur la tête de l'alchimiste. Aerith enrageait, si elle faisait le moindre geste, ce salaud n'hésiterait pas à tuer son ami.
« Vous m'avez cru négligent ? Demanda Archer avec mépris. Et bien, vous avez eu tort, la partie s'arrête là ! »
Il s'apprêtait à appuyer sur la gâchette, lorsque Aerith se jeta sur lui. Le coup partit mais fut dévié ; la balle alla se ficher dans le mur au-dessus de la porte. Elle lui tordit le poignet jusqu'à ce qu'il lâche son arme. Seulement, il la rattrapa par son bras blessé, ce qui arracha un cri de douleur à la jeune femme, et la gifla violemment. Malgré sa blessure, Kimbley se prépara à exécuter une transmutation pour venir en aide à Aerith. Mais, ce fut Armstrong qui intervint cette fois-ci ; il agrippa le poignet de l'alchimiste et lui murmura :
« N'aggravez pas votre cas, à tous les deux. »
L'écarlate retira d'un geste vif son bras emprisonné dans la paluche du géant. Il releva la tête et fixa dédaigneusement Archer qui le menaçait de nouveau avec son flingue. Ce dernier tenait toujours fermement Aerith qui était devenue livide ; la pression qu'il exerçait sur son bras était insoutenable. Elle se mordit la lèvre inférieure pour refouler ses larmes.
« Mais, dîtes-moi Archer, comment pouvez-vous dire que nous mentions ? Demanda Kimbley.
_ J'ai un très bon informateur qui m'as renseigné sur tous vos agissements, affirma le lieutenant-colonel. »
Jetant un coup d'½il à Armstrong, l'alchimiste écarlate s'aperçut qu'il semblait plutôt désappointé. Ce n'était donc pas lui qui les avait balancer ? Mais alors qui...
« Il est temps d'en finir avec vous, Kimbley, annonça Archer. De toute façon, vous devriez être mort depuis longtemps déjà et je pense que votre décès ne pèsera sur personne.
_ Ne le tuez pas ! Cria Aerith. »
Elle se dégagea de l'étau d'un Archer plus qu'étonné, et s'assit en tailleur, les bras tendus en croix, devant Kimbley. Elle toisa froidement le militaire.
« Si vous voulez le tuer, il faudra d'abord me passer sur le corps !
_ Quel courage exemplaire, mademoiselle Gainsborough ! Fit Archer un sourire en coin. Seulement, je ne peux me permettre de vous perdre.
_ Laissez le vivre et j'exécuterai le moindre de vos ordres.
_ Il m'est difficile de vous accorder ma confiance après votre mise en scène mensongère. Comment pourrais-je être sûr que vous obéissiez bien aux ordres ?
_ Parce que la vie de mon ami en dépendra !
_ Votre ami, vous dîtes ?
_ Parfaitement !
_ Vous vous seriez éprise de ce monstre ?! Ne connaissez-vous donc pas sa réputation ?
_ Je sais suffisamment qui il est pour affirmer ce que je pense. Et puis, le seul monstre ici, c'est vous !
_ C'est vraiment ce que vous pensez ?
_ Oui ! »
Son ton se voulait sans retour. Kimbley se demanda alors ce qu'il faisait derrière elle. Après tout, c'est toujours elle qui le sortait d'un mauvais pas ; mais lui, qu'avait-il fait pour elle ? Rien. Malgré cela, elle continuait de le protéger. Il s'en voulait tellement de ne rien pouvoir tenter dans une telle situation, une fois de plus...
Archer baissa le canon de son arme.
« Votre détermination à vouloir sauver ceux que vous portez dans votre c½ur, est vraiment louable, mademoiselle Gainsborough, dit enfin Archer. Si vous accomplissez votre tâche sans bavure, je vous garanti que votre cher ami aura la vie sauve. Bien entendu, il faudra qu'il se tienne lui aussi à carreau.
_ Kim, tu peux faire ça pour moi, n'est-ce pas ? Demanda Aerith se tournant pour plonger son regard dans celui de Kimbley.
_ Si c'est tout ce que je peux accomplir pour sauver nos deux peaux... Répondit-il avec un sourire forcé. »
Aerith remarqua sa confusion ; se sentait-il si impuissant ? Le voir ainsi la décourageait, elle le regarda avec des yeux emplis de détresse. Elle se trouvait au bord d'un gouffre ; elle allait craquer. Elle prit les mains couvertes de sang de l'alchimiste entre les siennes.
« Je t'en supplie, ne perds pas confiance en toi ! Lui murmura-t-elle. Je veux que tu vives !
_ Humpf ! Tu te mets à parler comme Greed. Marmonna l'écarlate.
_ Justement ! Lui au moins, il n'a pas perdu sa détermination lorsque tout allait mal.
_ Bon, ça suffit comme ça, maintenant ! Les interrompit Archer. Armstrong, occupez-vous de Kimbley, moi je me charge de conduire mademoiselle Gainsborough en lieu sûr.
_ Comment ? Je ne reste pas ici ?! Fit Aerith consterné. Où allez-vous m'emmener ?
_ Ca, vous le verrez avec le président Bradley. Vous ne croyiez tout de même pas qu'on allait risquer de vous perdre en vous laissant approcher ce fou ?!
_ Retirez ce que vous venez de dire !
_ Laisse Aerith, il n'en vaut pas la peine, intervint Kimbley.
_ Mais, je...
_ Arrête, je te dis ! Tu devrais le savoir que j'ai grain, non ?
_ Comment peux-tu être aussi odieux, en un moment pareil ?! Ils vont nous séparer et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est de me prendre pour une idiote.
_ Merci pour le compliment.
_ ...
_ Je ne sais pas pour vous commandant, fit Archer narquois. Mais je m'attendais à des adieux plus chaleureux. »
Sur cette phrase, Archer se mit à rire froidement. Ce rire sans émotion horripilait les trois autres personnes présentes dans la pièce. Le verbe « rire » ne collait pas du tout avec cet homme. Mais l'adjectif « chaleureux » n'allait pas non plus avec Kimbley. Seulement, Aerith savait très bien que malgré son attitude peu avenante, il tenait à elle. Elle décida de passer à l'acte, elle allait leur montrer à tous ce qu'elle ressentait au plus profond de son c½ur. Elle s'approcha de Kimbley, passa une main autour de son cou et l'embrassa avec tendresse. Il se laissa faire, trop heureux de s'en tirer à si bon compte auprès de la jeune femme. Les deux militaires restés en retrait, avaient des opinions divergentes quant à cette scène inattendue. Tandis que l'un trouvait cela touchant – tellement qu'il en pleura de joie – l'autre était tout simplement choqué. Archer qui en avait assez vu, mit un terme au baiser, en tirant sans ménagement Aerith en arrière.
« Ca commence à bien faire ! Dit Archer fulminant. Emmenez-le Armstrong !
_ A vos ordres ! Fit le géant sortant à la suite de l'écarlate.
_ Kim... Murmura Aerith.
_ Bien, il est temps de prévenir le président de votre présence parmi nous. Dit Archer composant déjà un numéro sur le téléphone qui se trouvait sur son bureau. »

Dans une infirmerie militaire, Kimbley attendait, assis dans un lit. Sa jambe avait été soignée et pansée, mais la plaie continuait de l'élancer. Qu'est-ce qui allait bien pouvoir lui arriver maintenant ? Ils allaient sûrement l'emprisonner pendant un temps, avant de le fusiller en cachant bien sûr l'information à Aerith. Mais non, il n'allait pas permettre ça ! Il trouverait un moyen de se tirer d'ici.
Le commandant Armstrong entra et demanda à Kimbley de le suivre. La douleur le faisait souffrir, mais il n'en montra rien. Une question lui brûlait les lèvres.
« Dîtes-moi, Armstrong, si ce n'est pas vous qui avez vidé votre sur notre compte à Archer, qui pensez-vous que cela puisse être ? Demanda-t-il.
_ J'allais vous en parler. Selon le lieutenant-colonel, ce serait bien moi. Pourtant, je n'ai rein dit, je peux vous l'assurer.
_ Je vous crois. Je connais bien votre façon de faire et cela n'est pas votre genre. Vous, vous prenez la fuite.
_ Je ne m'enfuis pas, bien au contraire. Je prends part à une cause qui me semble plus juste que celle que défend le lieutenant-colonel Archer.
_ Je vois. Humm... Savez-vous ce qu'est un homonculus ?
_ Pourquoi me poser une telle question ?
_ Répondez, c'est tout.
_ Ce n'est pas vraiment mon domaine. J'ai entendu dire que c'étaient des êtres crées artificiellement, et qui sont le résultat d'une transmutation humaine ratée.
_ C'est tout à fait ça. Mais, en avez-vous jamais rencontré un ?
_ Je n'ai jamais entendu parler d'une quelconque création d'homonculus. C'est tout simplement impossible.
_ « Impossible est un mot qui n'existe pas ici-bas. ». C'est ce que m'a dit un jour un homonculus. Et je peux vous assurer qu'il n'est pas seul.
_ Je n'arrive pas à le croire...
_ Cet homonculus m'a d'ailleurs parlé d'un de ses semblables. Il disait qu'il avait la capacité de prendre n'importe quelle forme.
_ Vous pensez que...
_ Il est fort probable qu'un homonculus nous ait surveillé et ait pris votre apparence au moment propice.
_ Pourquoi aurait-il fait cela ?
_ C'est bien ce que je me demande aussi. »
Cette conversation terminée, Kimbley fut enfermé dans une geôle du QG Sud. Il réfléchit intensément et attendit patiemment que le meilleur moment pour sortir de là se présente.


***


Dix jours passèrent ; Kimbley n'eut pas la moindre nouvelle concernant Aerith. Et à force de réfléchir à un plan d'évasion, il eut mal au crâne. Il avait beau retourné le problème dans tous les sens, il ne voyait aucune issue. Du moins, il n'arriverait pas à s'évader tout seul. Il trouva étrange le fait qu'il ne l'ait toujours pas liquidé ; peut-être l'avait-ils oublier en fin de compte. Il s'allongea sur le dos et ferma les yeux ; la nuit porte conseil, dit-on.
Soudain, la solution se présenta d'elle-même. Kimbley entendit comme un crissement et se releva d'une traite. Une lumière envahit la pièce et une réaction alchimique eut lieu. Quand l'éclat de la transmutation se dissipa, l'écarlate pu apercevoir un grand trou de forme ronde en plein milieu de la pièce. Il commençait à se poser des questions, lorsqu'une petite tête brune sertie de tresses émergea du trou béant.
« Bonjour, monsieur Kimbley ! Salua la petite fille.
_ M-May ?! Fit l'alchimiste stupéfait.
_ Et oui, c'est moi ! Mais je ne suis pas venue seule.
_ Ah, ton petit monstre t'accompagne toujours ? Aïe, c'est bon, je retire ce que j'ai dis, marmonna-t-il alors qu'un petit panda se précipitait pour lui bouffer la cheville. Allez, lâche-moi quoi ; j'ai déjà une jambe mal en point, ça suffira pour le moment !
_ Laisse-le tranquille, Xiao Mei ! Ce que je voulais dire, c'est qu'il y a quelqu'un d'autre de la bande avec moi. »
Une autre tête portant des lunettes de soleil apparut à son tour.
« Content de te revoir, Kim ! S'exclama Greed.
_ Manquait plus que l'Avarice mal coiffée...
_ Elle me va très bien cette coupe de cheveux ! Mais si tu veux, on peut tout aussi bien partir et te laisser poireauter ici.
_ Si on ne peut même plus rigoler.
_ Bon allez, on a du pain sur la planche ! Faut qu'on te sorte de là et qu'on rejoigne les autres.
_ Mais, comment avez-vous fait pour savoir...
_ Plus tard, les explications ! May, tu feras en sorte de ne laisser aucune trace de notre passage ici.
_ Très bien ! Fit la petite au garde à vous, imitée par son panda. »
Greed débarrassa l'alchimiste de ses menottes, puis ils descendirent tous dans le néant. May referma le passage à l'aide de l'elixirologie. Comme il faisait sombre dans ces sous-sols, Greed alluma un briquet afin d'y voir plus clair. Kimbley les suivit sans dire un mot ; ils n'étaient pas encore en sécurité, mieux valait faire le moins de bruit possible. Une lumière vive les accueillit au bout de ce tunnel humide et froid. Ils avaient atterris dans une petite ruelle adjacente à celle menant au QG. Une voiture les attendait garée sur la droite, prête à mettre les gaz. Greed et Kimbley montèrent tous deux devant, pendant que May s'installait à l'arrière. L'homonculus mit le moteur en marche et partit en trombe en direction de la sortie de la ville.
« Maintenant que nous sommes hors de danger, commença Kimbley, pourrait-on m'expliquer ce que vous êtes en train d'entreprendre ?
_ Déjà et d'une, on est loin d'être « hors de danger » comme tu dis, répondit Greed. Si tu veux tout savoir, on va directement se jeter dans la gueule du loup.
_ Ce qui signifie... ?
_ On se rend là où se trouve Aerith en ce moment, ajouta May. Seulement, monsieur Greed m'a informé que c'était un endroit dangereux.
_ Vous savez où ils retiennent Aerith ?! Mais, d'où tenez-vous ces informations ?
_ À dire vrai, continua Greed, notre planque avait été découverte, mais on a réussi à s'échapper de justesse. Pendant une semaine entière, nous n'avons cesser de bouger afin qu'on ne nous repère pas. Puis un jour, nous sommes tombés par hasard sur une voiture dans laquelle se trouvaient Bradley et Aerith. Nous les avons donc pris en filature et ils nous ont menés tout droit au manoir de la vieille Dante. Depuis, Aerith n'en ait jamais ressorti.
_ Tu parles de cette grande baraque située au sommet d'une colline ?
_ Tout juste !
_ Pourquoi l'avoir amenée là-bas ? Après tout, ce n'est qu'une vieille alchimiste, retraitée.
_ Comme quoi, tu ne sais rien d'elle. Elle est bien plus machiavélique qu'on ne le pense.
_ Et bien, développez monsieur Greed ! Fit May impatiente.
_ Tout d'abord, il faut que vous sachiez que c'est elle qui m'a créé.
_ Alors, ça c'est un scoop ! Lâcha Kimbley. J'espère que lorsque l'on sera en face d'elle, tu ne nous feras pas le coup du « je ne veux pas la tuer car c'est ma mère ».
_ Ca ne va pas ?! Tout ce qu'elle veut, c'est me voir six pieds sous terre ; je n'aurais aucune pitié pour cette vieille femme ! De plus, c'est elle qui recueille et élève les autres homonculus. Enfin, son seul but, c'est de fabriquer une nouvelle pierre philosophale.
_ Tu es sérieux ?! La pierre ?
_ Ah, l'immortalité !! Cria May excitée.
_ Laisse tomber cette idée May, reprit Greed. La pierre ne confère pas du tout la vie éternelle. Une fois créée, son pouvoir s'amenuise à chaque fois que l'on en fait usage. Dante doit bien en avoir plus de quatre cent ans !
_ Tant que ça ?! Dit Kimbley confondu. Mais qu'est-ce qu'elle recherche en faisant fabriquer des pierres ?
_ J'y viens. Elle a déjà du utiliser plusieurs pierres à mon avis. Tout ce qu'elle désire, c'est la jeunesse éternelle. Elle utilise le pouvoir de la pierre pour changer de corps à volonté et ainsi vivre plus longtemps. Elle pousse des alchimistes à fabriquer la pierre et sacrifier des vies humaines, en leur donnant des indices. Mais au final, c'est elle qui détient et utilise le pouvoir de la pierre philosophale pour son propre égoïsme !
_ C'est effrayant, dit May consternée. Comment peut-on ne pas avoir de remords après cela ? »
Un silence pesant s'abattit soudain sur l'assemblée. Kimbley se sentait un peu mal à l'aise ; il avait lui-même tué des milliers de gens pour le simple plaisir de savourer le bruit de ses explosions. May comprit trop tard que ce qu'elle venait de dire était gênant, Greed lui ayant expliqué qui était réellement l'alchimiste écarlate.
« Je suis désolé, monsieur Kimbley, dit May embarrassée. Je suis bête, j'aurais mieux fait de tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler.
_ Tu n'as pas à t'excuser, répondit l'alchimiste. Tu as tout fait raison, je suis loin d'être une personne saine d'esprit. »
Il émit un rire nerveux et sourit sadiquement.
« Non, ce n'est pas pareil ! S'écria May reprenant contenance. Je suis certaine que vous, vous seriez prêt à protéger les personnes auxquelles vous tenez.
_ Hahaha ! C'est bien la première fois que l'on me dit ça ! Mais, qu'est-ce que tu en sais petite ? Je n'ai jamais aimé que mon alchimie et les cris de souffrances des mourants.
_ Mademoiselle Aerith a raison ; qu'est-ce que vous pouvez être immonde quand vous vous y mettez...
_ Ca me fait une belle jambe !
_ Mais elle est sûre, tout comme je le suis, que vous seriez prêt à faire ce que j'ai dit.
_ Je me demande ce que vous allez vous imaginer sur mon compte, toutes les deux. C'est tellement futile ! J'ai vraiment l'impression de n'être entouré que de benêts. Enfin, pour une gamine de ton âge, c'est normal de se faire des idées ; mais j'ai du mal à assimiler le fait que tu sois la représentante de ton clan. Tu es loin d'être à la hauteur de la tâche que l'on t'a confiée. A mon avis, toute ta famille sera décimée avant que tu ne reviennes !
_ Assez, Kimbley !! Hurla Greed qui avait stoppé la voiture tellement il écumait. Boucle la ! »
Décontenancé, Kimbley avala difficilement sa salive et détourna les yeux du regard assassin que lui lançait l'homonculus. May était assise au fond de la banquette arrière et pleurait silencieusement, le visage enfouis dans ses mains. Greed s'en aperçut et reprit un ton calme, essayant par tous les moyens d'apaiser la petite.
« Ne pleure plus May. Tu ne vas pas me dire que tu prêtes la moindre attention à ce que viens de dire cet idiot ?
_ Mais... Beuh... Il a raison. Je suis une incompétente, snif ! Jamais je ne ramènerais la vie éternelle à temps pour sauver mon clan...
_ Bien sûr que si, on va trouver un moyen. Je te le promets ! Moi, je ne te laisserais pas tomber, fit Greed en appuyant bien sur le « moi » et en jetant un regard en biais à l'écarlate.
_ Snif ! Merci... Mais, on doit d'abord retrouver mademoiselle Aerith ! Avança May. En essuyant ses larmes d'un revers de manche.
_ Bien parlé ! »
Greed se retourna vers Kimbley qui regardait par la fenêtre de la portière.
« Que les choses soient bien claires ; tu balances encore un pic comme celui-là et je te jures que je t'envoi paître ailleurs ! Et on ira chercher Aerith sans toi.
_ ...
_ Surtout ne répond pas, hein. »
L'homonculus de l'avidité remit le moteur en marche et la suite du trajet se fit dans une ambiance maussade. La voiture stoppa non loin du manoir, sous des arbres touffus afin qu'on ne les repère pas. Tous trois descendirent et se dirigèrent vers l'orée de la forêt. Là, les attendaient quatre chimères aux aguets.
« Vous en avez mis du temps, fit remarquer Martel.
_ On a eu un petit problème verbal durant le trajet, répondit Greed en jetant un regard à l'alchimiste.
_ Tss... Quel crétin ! Murmura-t-elle, ayant comprit l'insinuation de son patron.
_ Alors, comment se présente la situation ?
_ Le manoir est étrangement calme, fit Dolchatte.
_ Peut-être même un peu trop, suivit la chimère-lézard.
_ Hum, ça sent le souffre... Confirma Greed.
_ Si cet endroit est sans surveillance, commença May, alors on ferait bien d'en profiter.
_ Et foncer dans le tas ? Même si c'est un piège ?
_ Et pourquoi pas ?! Défendit Martel.
_ Moi, ce n'est pas pour me déplaire.
_ Au cas où il y aurait finalement des gardiens, on pourra toujours combattre pour prendre la fuite ! Insista la petite fille.
_ Décidément, tu me plais gamine ! J'adore ton enthousiasme ! Bon, on est tous d'accord ; si il s'avère que ce soit un piège, on force le passage, on embarque Aerith et on se carapate en vitesse.
_ Bien compris ! Firent-ils tous en ch½ur.
_ Kimbley ? »
Pour toute réponse, l'alchimiste passa devant eux sans un mot. Greed haussa les épaules, en signe de lassitude et suivit le groupe en direction du manoir de Dante. Cette grande baraque était effectivement silencieuse ; aucun son, ni aucune lumière n'en sortait. Ils pénétrèrent sans un bruit, dans l'antre par la porte à doubles battants. L'homonculus ordonna qu'ils se séparent en groupes de deux afin de parfaire les recherches. Kimbley étant de trop, il alla seul, retrouver Aerith. Gravissant un escalier, il parvint à une pièce qui semblait être une cuisine. Aucun intérêt. Il ouvrit une seconde porte qui le mena dans une vaste salle qui ressemblait à une grande bibliothèque. Cette pièce était inondée de lumière, grâce aux gigantesques fenêtres qui diffusaient les faisceaux lumineux de la pleine lune. D'ailleurs, quelqu'un se tenait devant l'une des fenêtres, contemplant les étoiles ; une jeune femme avec de longs cheveux châtains retenus par un ruban rose et portant une ample robe rouge. Kimbley la reconnut immédiatement ; il descendit les escaliers quatre à quatre et courut vers elle. Il s'arrêta à sa hauteur et sourit, heureux de la voir en si bonne forme. Enfin, elle tourna son regard vers lui ; son sourire s'effaça, le visage de la jeune demoiselle ne reflétait que de la terreur.
« Pourquoi êtes-vous venus ? Demanda Aerith terrifiée.
_ Mais... Pour te sortir de là ! Risqua Kimbley.
_ Vous auriez mieux fait de vous enfuir loin d'ici. J'aurais préféré être seule dans ce pétrin ; je ne voulais pas que vous soyez embarqué là-dedans par ma faute.
_ Qui m'as dit de ne pas perdre confiance en moi ?
_ C'est moi... »
Aerith se blottit dans ses bras, sa présence la réconfortait.
« Ils sont trois, chuchota la jeune femme à l'oreille de l'alchimiste. Deux homonculus et la maîtresse de ces lieux.
_ Encore un périple mortel ; mais ce n'est pas pour me déplaire.
_ Donc on tente le tout pour le tout ?
_ Je crains qu'on n'ait pas trop le choix. »
La porte du salon bibliothèque s'ouvrit dans un fracas feutré et une jeune femme apparut. Elle portait elle aussi, une ample robe rose à frous-frous blancs, et un carré court de cheveux bruns encadrait un visage encore jeune. Elle affichait un sourire mesquin à la vue des êtres enlacés.
« Ainsi, c'est donc vous qui avez conquis le c½ur d'Aerith, dit la jeune dame. L'alchimiste écarlate, je me trompe ?
_ Non, c'est bien là le surnom que l'on me donne, répondit Kimbley. Et à qui ais-je l'honneur ?
_ Appelez-moi simplement Dante, reprit-elle en esquissant un sourire enjôleur. Mis à part votre penchant pour la destruction, vous êtes plutôt plaisant. Je comprends qu'Aerith soit tombée sous le charme.
_ Non mais, qu'est-ce que c'est que ces avances ?!
_ Il faudra bien que vous vous y habituiez.
_ Qu'est-ce que vous entendez par... »
Kimbley s'interrompit brusquement, les paroles de Greed lui revinrent en mémoire. Il lui avait expliqué que Dante changeait de corps grâce au pouvoir de la pierre philosophale, pour ne pas avoir à connaître la mort.
« Vous n'avez quand même pas l'intention de... Débita l'alchimiste en resserrant son étreinte sur Aerith.
_ À ce que je vois, Greed vous a tout expliqué, dit Dante mielleusement. D'un certain côté, c'est une bonne chose.
_ Mais de quoi parlez-vous ?! Lança Aerith.
_ Elle veut se servir de toi comme prochain réceptacle, annonça Kimbley.
_ Alors, cette vieille femme que j'ai vu étendue sur le sol...
_ Tu as tout juste Aerith, continua Dante. C'était mon ancienne enveloppe. Seulement, celui-ci est déjà en train de pourrir.
_ C'est donc pour ça que vous mettiez autant de parfum.
_ Exactement.
_ Mais pourquoi voulez-vous mon corps en particulier ?
_ C'est très simple, Aerith, tu es jeune femme très belle, dans la fleur de l'âge ; tu dois être l'objet de bien des convoitises... Et puis, je trouve tes étranges pouvoirs très intéressants.
_ Au final, tout ce qui vous intéresses, c'est d'avoir le monde à vos pieds !
_ Mais, ce n'est pas tout. Il y a aussi cette femme à la peau bleue, reprit Dante remarquant au passage, l'expression effarée que prenait Aerith. Pour elle, tu n'es qu'un obstacle sur son chemin ; la meilleure solution serait que tu disparaisses à nouveau. Je ne fais donc que lui apporter mon aide, tout en étant gagnante.
_ Vous croyez que je vais vous laisser faire une chose pareille ?! S'insurgea Kimbley.
_ Hahaha ! Que voilà donc ? L'alchimiste le plus dément de ce pays, défendant sa bien-aimée en bon chevalier servant !
_ Jénova sera vaincue une fois de plus, j'en suis certaine, même si pour cela je dois encore perdre la vie ! Garantit Aerith.
_ Cela j'en doute, très chère Aerith... Minauda Dante. Tu mourras au moment même où je prendrais possession de ton corps. »
Tout à coup, un bruit de lutte interrompit leur conversation.
« Apparemment, vos amis sont tombés sur Envy et Wrath, affirma Dante visiblement ravie. »
En effet, un pan du mur à droite de Dante fut détruit et l'homonculus de l'envie s'écrasa en même temps que les décombres. Il se releva presto tandis que des éclairs entouraient ses plaies, le régénérant. Vu sa tête, il devait être sacrément furieux.
« Mais comment peuvent-ils me tenir tête à moi, Envy ?! Hurla-t-il. »
Ceux dont il parlait à l'instant, apparurent à la suite de l'homonculus. Greed qui avait recouvert ses mains de carbones, était accompagné d'une May armée jusqu'aux dents et prête à utiliser tout son talent d'elixirologiste.
« Tu devrais le savoir, l'union fait la force ! Répliqua Greed heureux de pouvoir rabattre le caquet de celui qui l'avait scellé. »
Le second homonculus qui était sensé garder le manoir déboula du premier étage. Il passa par-dessus la balustrade et atterrit tout près d'Envy. Il était lui aussi suivi par quatre chimères qui vinrent se placer près de leur patron.
« Bien, je crois que nous sommes au complet maintenant, annonça Dante. Nous allons enfin pouvoir nous débarrasser de tout ce petit monde inutile.
_ Ne crois pas t'en tirer à si bon compte la vieille ! S'exclama Greed. A l'assaut ! »
Envy et Wrath chargèrent en même temps que l'Avarice et sa bande. L'homonculus de l'avidité, ainsi que May et Martel, s'acharnèrent sur Envy, pendant que les trois autres chimères s'occupaient de Wrath. Dante profita du chaos qui régnait pour s'approcher furtivement du couple. Elle claqua ses deux mains l'une contre l'autre et fit jaillir du sol, deux grands dragons de pierre qui s'abattirent sur Aerith et Kimbley. Réagissant juste à temps, ils se séparèrent et s'écartèrent, chacun dans des directions opposées, alors que les dragons se fracassaient en milles morceaux. Dante jubila, c'était précisément ce qu'elle attendait. Elle courut vers Aerith et l'agrippa par le poignet ; elle voulut l'emmener ailleurs, mais la marchande de fleurs lui assena un coup de poing dans le plexus. Dante en eut le souffle coupé et relâcha sa prise, avant de tomber à genoux sous le coup de la douleur. Elle s'apprêtait à se relever lorsqu'elle vit un éclair de transmutation autour d'elle. Aerith avait tracé un cercle tout près d'elle et l'avait activé. Elle sentit le sol engloutir ses jambes ; elle s'était fait avoir et en beauté. C'est, rageante qu'elle vit Aerith et Kimbley s'enfuirent à toutes jambes.
« Vous ne sortirez jamais d'ici vivant ! Jura Dante. »
Alignant le geste aux paroles, elle frappa dans ses mains et des centaines d'armes blanches jaillirent de partout, n'ayant qu'un seul but, tuer les deux fuyards. Kimbley les évita comme il pu tout en protégeant Aerith, cependant il sentit les lames froides entaillées plusieurs fois sa peau. Mais il n'y prêta aucune attention, tout ce qui lui importait, c'était de sortir Aerith vivante de cet enfer. Une gigantesque lame siffla au dessus d'eux ; ils se jetèrent à terre évitant de justesse de se faire trancher la tête. Un nouveau flot d'armes tranchantes fondit sur eu et des éclairs alchimiques bâtirent un étonnant mur protecteur, juste devant eux. Ils s'aperçurent que le mur en question avait été dressé par May qui avait encore les mains plaquées au sol. Greed et ses chimères étaient eux aussi présents de ce côté de la salle. Cette barrière de pierre les séparait désormais de Dante et ses homonculus.
« Je pense qu'il est temps de plier bagages, assura Greed. Allez, on se tire ! »
Ils prirent donc tous la direction de la sortie. Alors qu'ils se trouvaient dans le hall d'entrée, ils entendirent un son leur indiquant que leur muraille improvisée avait été réduite en poussière. Ils avaient enfin atteints la cour, quand Envy surgit du manoir plus aliéné que jamais. La fillette aux tresses trébucha et s'étala face contre terre. L'homonculus de l'envie l'agrippa par son col et la souleva du sol en affichant un sourire particulièrement sadique.
« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? Se demanda Envy qui métamorphosait déjà son bras droit en une lame aiguisée comme un rasoir. Cela te plairait-il que je découpe chacun de tes membres un par un ? »
May était effrayée et des larmes de peur commençaient à perler aux coins de ses yeux. Xiao Mei eut beau tenté d'aider son amie en mordant l'homonculus, mais celui-ci l'envoya valdinguer en lui portant un coup de pied. May essaya de desserrer les doigts d'Envy, mais il la tenait trop fermement.
« Laissez-moi, hurla may, je ne peux pas mourir !
_ Aurais-tu peur de la mort petite ?
_ A l'aide !! »
La troupe qui s'enfuyait déjà dans la forêt, entendit les cris de désespoir de la petite fille. Ils n'avaient pas remarqué qu'elle ne les suive plus.
« Oh non, May ! Cria Aerith s'apprêtant à courir à sa rescousse.
_ Ce salaud d'Envy, je m'en vais te le... Entama Greed qui avançait hors de l'ombre des arbres. »
Toutefois, tous deux furent retenus par un Kimbley qui arborait un air déterminé.
« Vous tous, vous tous filez d'ici, dit-il. Je m'occupe de ramener la petite.
_ Pas question, je viens t'aider ! Protesta Aerith. Je n'ai rien fait jusqu'à présent...
_ Faux ! Le seul à n'avoir rien tenter ici, c'est moi. Tout ce que j'ai su faire, c'est envenimer les choses.
_ Mais, mais... Tu es blessé, tu ne veux quand même pas y aller seul dans cet état ?!
_ Allez-vous en vite ! Plus on parle, moins j'aurais de chance de la sauver. Ne nous attendez pas et ne revenez sous aucun prétexte ! On trouvera un moyen de se tirer d'affaire.
_ Mais, Kim...
_ Bordel, tire-toi de là !
_ Viens Aerith, fit Greed qui avait très bien compris où voulait en venir l'alchimiste, puis s'adressant à ce dernier. Vous avez intérêt à revenir vivants, tous les deux. »
Kimbley haussa les épaules et fila droit sur l'homonculus qui retenait May prisonnière, tandis que le reste de la bande s'éclipsait dans la nuit noire.
« Greed, explique-moi ce qui lui prend de faire ça ? Demanda Aerith.
_ Disons qu'il y a eu une petite altercation entre eux, répondit l'homonculus. Il a du penser que tu n'aurais pas été très fière de lui, si tu avais su les paroles qu'il avait proféré devant May.
_ Je vois, il veut rattraper le coup. »
Ils finirent leur descente dans le silence le plus complet, essayant de se mêler aux ombres de la nuit.

Toujours au manoir, Kimbley sortit du refuge boisé et s'élança vers Envy. Il fit claquer ses mains et les posa sur le sol, provoquant ainsi un gigantesque séisme. L'homonculus prit par surprise, lâcha sa proie qui tomba sur le sol agité. Elle resta ainsi recroquevillée sur elle-même et se bouchant les oreilles, ne comprenant pas ce qu'il se passait autour d'elle. Après un court laps de temps, la terre arrêta de trembler. May se releva et fut ébahie de voir qui se trouvait devant elle.
« Monsieur Kimbley ?! S'étonna la petite.
_ Et bien quoi ? Cela te dérange que je sois là ?
_ Bien sûr que non ! C'est juste que...
_ Tu penses encore à ce que je t'ais dit ? Je suis désolé, ça te va ?
_ Ah, non. Je veux dire oui ! Enfin, vous n'avez pas à vous excuser ; parfois, la vérité est toujours bonne à entendre. Je dois avouer que cela m'a remis les idées en place. Il faut savoir être réaliste. »
Kimbley ne répondit pas et regarda la petite sourire tristement. Il fallait se faire une raison, peut-être ne reverrait-elle jamais sa famille.
« Mais, je crois avoir compris pourquoi vous réagissez ainsi, annonça May.
_ Dis toujours, cela pourrait me servir.
_ Vous n'avez jamais vécu que pour détruire, c'est pourquoi protéger quelqu'un est tout nouveau pour vous. Et lorsque vous vous trouvez dans une impasse, vous dissimulez votre peur de l'échec par ce masque impitoyable. C'est ce que je pense, après c'est à vous d'en juger. »
A ces paroles, Kimbley resta coi un moment ; jamais il n'aurait pensé que cette gamine puisse être aussi mature d'esprit. Il du admettre qu'elle avait parfaitement raison. Dès que les choses allaient de travers, il fallait qu'il rejette la faute sur les autres. Oui, il avait peur d'échouer concernant la tâche qu'on lui avait confié. Oui, il avait peur pour Aerith. Et oui, il éprouvait de forts sentiments pour elle. Cependant, il n'avait pas eu le courage de lui avouer, et voilà qu'elle était de nouveau loin de lui.
Un crépitement interrompit ses pensées, c'était le bruit d'une transmutation alchimique. Il attrapa May par la main et les mirent hors d'atteinte. De gigantesques pics granitiques avaient surgit du sol à l'endroit même où ils se trouvaient auparavant. Au loin, ils purent apercevoir Dante encadrée par Envy et Wrath.
« Alors, que fait-on pour se sortir de ce coupe-gorge ? Demanda May.
_ Dans ces cas-là, la meilleure défense, c'est encore l'attaque, répondit l'alchimiste. Et puis, j'ai envie de faire un joli feu d'artifice !
_ Je vois le genre. »
Ils se préparaient donc au combat ; May sortit ses kunaïs et traça un pentacle à ses pieds.
« Je vous couvre, monsieur Kimbley.
_ Très bien. »
Il fonça donc vers leurs trois adversaires et joignit ses mains. Les deux homonculus s'apprêtaient à l'intercepter, seulement c'était sans compter les kunaïs que lança l'elixirologiste sur eux. Elle plaqua alors ses deux mains sur le pentacle et créa deux énormes poings de rocs qui envoyèrent valser l'Envie et la Colère. Kimbley avait donc le champ libre, il tendit le bras afin de toucher Dante et de la faire exploser. Mais celle-ci fut tout aussi rapide à réagir, elle claqua ses deux mains l'une contre l'autre et intercepta le bras de l'écarlate. Dante avait fait en sorte que l'alchimie de Kimbley soit annulée, mais cette alchimie explosive était tout de même d'une certaine puissance. Il y eut compensation des énergies et une onde de choc se propagea, les envoyant tous deux à terre. May qui avait tout suivi, courut en direction de l'homme et l'aida à se relever.
« Vous allez bien, monsieur Kimbley ? Rien de cassé ? Insista la fillette.
_ Non, je crois que tout est là, répondit l'alchimiste qui sentit de nouveau ses plaies à vifs. Purée, je n'arrive pas à croire qu'elle est tentée une chose pareille. Elle aurait pu me tuer, mais cela aurait très bien pu se retourner contre elle.
_ On ferait bien de filer avant qu'ils ne reviennent.
_ Tu as raison, filons ! »
Malgré cela, leur décision fut prise un peu trop tardivement. Envy et Wrath avait profité de ce moment de faiblesse pour se jeter sur eux et les appréhender. Chose qu'ils n'eurent aucun mal à faire, car ils possédaient tous deux une force surhumaine. Ils leur ligotèrent les mains pour qu'ils ne puissent pas utiliser l'alchimie. Dante réapparut, satisfaite qu'ils en aient enfin terminé.
« Qu'est-ce que vous allez faire de nous maintenant ? Demanda May sur la défensive. Nous tuer ?
_ Non, petite, je ne vais pas vous faire de mal, répondit Dante d'un air mauvais, du moins pas pour l'instant. Vous ne me seriez d'aucune utilité si vous étiez mort ; comment ferais-je alors pour récupérer Aerith, hum ? Ainsi, vous resterez en vie jusqu'à ce que cette charmante demoiselle vienne à votre secours.
_ Je vous l'ai pourtant dit, répliqua Kimbley, vous ne toucherez pas à un seul de ses cheveux, tant que je serais en vie. »
Le sourire de Dante s'élargit, elle approcha son visage le plus près possible de celui de l'écarlate.
« Assurément, Aerith a raison, vous êtes très attirant lorsque vous prenez cet air déterminé. Cela me rappelle celui qu'affichait mon mari. »
Sans prévenir, Dante embrassa l'alchimiste écarlate. Ce dernier, dégoûté, mordit la lèvre inférieure de la « jeune » femme. Celle-ci recula prestement et lécha le sang qui coulait.
« Et fidèle à sa bien-aimée avec ça ! S'esclaffa Dante. Bon, cette petite mascarade est désormais finie. On rentre et on attend que le poisson morde à l'hameçon. »
Ils s'en retournèrent donc au manoir. Kimbley repensa à ce qu'il avait dit au reste de la bande. Il espérait qu'ils trouvent un coin où se cacher et qu'ils ne reviendraient pas les chercher. May et lui trouveraient bien un moyen de se sortir de là.

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Dante : Mais... Mais pourquoi était-il dégoûté par mon baiser ??

Kimbley : Ben en fait, il y avait comme un goût d'½uf pourri, c'était assez déplaisant. u_u

Dante : Beuh... T_T

Mea : Faut dire, si t'acceptais de crever, tu n'aurais plus à subir tous ces quolibets. ;) Tiens c'est étrange, il y a comme une odeur de chair en décomposition dans l'air...

Dante : Raaaaaaaaaaaaaahhhhh !!!!!!! Tu vas voir auteur de mes deux !! >___<

*Dante tente la transmutation avec les armes blanches comme dans le chapitre au dessus. Mais aucune ne touche l'auteur.*

Dante : Gné ? O_o

Mea : Haha ! Tu ne t'y attendais pas j'imagine ! Moi aussi, j'ai un bouclier invincible ! ^_°

Greed : Hola, doucement, il y a un copyright sur ce nom !

Mea : Ben voui, mais ce n'est pas le même genre de bouclier.

*Mea sort dont ne sait où, une sorte de petit renard vert avec un rubis rouge sur le front*

Mea : Le voici ! :D

Kimbley : C'est quoi cette chose... (il recule un peu parce que d'après lui, les petites « bêtes » sont très méchantes)

Aerith, May et Greed : Comme il est trognon !!!

Mea : Lui, c'est Carbuncle, une invocation qui crée de multiples boucliers vous protégeant de n'importe quoi ! XD

Kimbley : Vraiment ?

*Il fait alors exploser la bestiole verte*

Mea : ... Ahrrrr...

Kim : Tu disais ?

*L'auteur tourne un regard de fou vers l'alchimiste*

Greed : Oh, ça va barder...

Aerith : Oui je crois qu'il est temps de prendre nos jambes à notre cou.

May : Ne restons pas ici !!

*Ces trois là s'enfuient sans demander leur reste*

Kim : Euh... =__=' Allons tu ne vas pas t'énerver pour si peu..., non ? Si ?

Mea : ... JE VAIS TE TUER ENFOIRE !!!!!!!

*L'auteur lance les sorts atomnium et ultima à tout va, pendant que Kimbley essaye de trouver un moyen de ne pas crever sous la colère d'une Mea plus que déchaînée.*
















Dante : Tiens, on m'a oublier moi, au fait. -_-' A croire que je ne sers pas à grand-chose... Bon, ben tant pis, je m'en vais.
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# Posté le samedi 26 janvier 2008 07:34

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Un autre homonculus de FullMetal Stone: Abby

technique: crayon HB, feutres noirs faber castell


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# Posté le samedi 26 janvier 2008 08:07

°°°°°SeiYann Kusaki°°°°°

°°°°°SeiYann Kusaki°°°°°
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SeiYann Kusaki fait partie des alchimistes d'état de FMS.

technique: crayon HB, critérium 2B

Je ne sais plus trop quoi dire... =__='

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# Posté le samedi 26 janvier 2008 08:11

Closed

Closed
Je m'excuse grandement pour le manque de news sur ce blog, seulement, j'ai décidé de tout arrêter. u_u Pourquoi? Me demanderez-voud. Et bien, c'est simple. Je n'ai plus vraiment le loisir et la patience de m'occuper d'un blog; lorsque je me rends à la fac, je me retrouve à 200 km de chez moi et je n'ai pas accès à internet, donc les nouveautées se font rares. De plus, je prenais énormément de temps à faire de jolies présentations et au bout d'un moment ça devient lourd et chiant à faire. Enfin, je ne sais jamais trop quoi mettre dans mes articles, c'est pourquoi j'ai décidé d'en finir avec ce blog. mais ne vous inquiétez pas je ne le supprimerais! ^^ Et si vous voulez voir mes dessins, récents comme anciens, il vous suffit d'aller faire un ptit tour sur mon site web ou sur ma page deviantart ( vous y retrouverez également toutes mes fanfics)! ;) Donc voici les adresses:

mon sites web : Sweet Chocolat

ma page deviantart

Mon blog yaoi FMA

Mon blog fanfic FMA

Laissez-moi un petit message pour me dire ce que vous en pensez!^^

# Posté le vendredi 28 mars 2008 16:33

Modifié le mardi 28 octobre 2008 15:56